Clarens

Association des Intérêts de Clarens (AIC)
Président a.i.: Mark Olivier
Rue du Lac 140
CH-1815 Clarens

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Clarens est le village le plus populeux de la Commune de Montreux; son nom est indissolublement lié à celui de Jean-Jacques Rousseau et à son roman «Julie ou la Nouvelle Héloïse».

Né dans la Maison Visinand à Montreux le 6 avril 1830, Eugène Rambert grandit à Clarens. Interrompant ses études de théologie pour des raisons financières, il s'engage comme précepteur à Genève et en Angleterre, puis revient terminer sa licence. Mais c'est le professorat qui l'attire; à 24 ans, on le choisit pour enseigner la littérature à Lausanne, puis à l'Ecole polytechnique de Zurich pendant vingt et un ans. Très patriote, il est à la fois poète, écrivain, naturaliste et observateur attentif aux débuts du tourisme. Passionné de montagne, il préside de 1882 à 1884 le Club alpin suisse fondé en 1863. Son principal ouvrage «Les Alpes Suisses», à côté d'observations scientifiques, contient des contes charmants, dont «Le chevrier de Praz de Fort», évoqué par le monument élevé devant le temple de Clarens. De cette église de 1937, on ira voir les fresques angéliques de François de Ribaupierre, un enfant de Clarens.

Sur les pierres tombales du cimetière voisin, planté d'arbres superbes, figurent quelques noms illustres comme Alexandre Vinet, Henri-Frédéric Amiel, Eugène Rambert et Vladimir Nabokov, aux côtés de Carlo Boller, musicien et chef de choeurs de Montreux décédé en 1952, après avoir enrichi le répertoire choral d'oeuvres alertes et populaires.

Le nom de certaines rues évoquent des personnalités de renom: Ernest Ansermet, qui dirigea l'Orchestre du Kursaal avant de fonder l'Orchestre de la Suisse Romande; Igor Strawinsky, qui composa à l'Hôtel du Châtelard (démoli en 1964) son provocant «Sacre du Printemps». La place Gambetta rappelle le politicien français, qui se mêlait facilement à la population. Une plaque rappelle encore que, le 10 octobre 1878, il gagna une partie de... quilles! Le No 8 de la rue des Artisans est doublement célèbre: Lord Byron y a dormi et Alexandre Vinet y est mort. Au bas de la rue du Port, un grand immeuble a remplacé l'Auberge des Bosquets de Julie, qui évoquait le roman de Jean-Jacques Rousseau.

Le 18 mai 1857, l'écrivain Léon Tolstoï écrivit de Clarens à une parente: «Je n'essayerai pas de vous décrire la beauté de ce pays, surtout en ce moment, quand tout est en feuilles et en fleurs. Je vous dirai seulement... que je passe la plus grande partie de mon temps à regarder et à admirer en me promenant ou bien en me mettant à la fenêtre de ma chambre.» Au haut de cette même rue du Port, une place pleine d'harmonie restitue encore l'ambiance des siècles passés.

Pourtant, Clarens est en train de changer. De banlieue anonyme, le village devient un centre moderne, avec des carrefours élargis, des commerces attrayants et bien achalandés; les blocs locatifs remplacent les anciens entrepôts: un ancien Clarensois ne s'y reconnaîtrait plus!

A côté du village d'origine vigneronne, rendu célèbre par la publication de la Nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau, s'est développé dès le début du XXe siècle une urbanisation en damier dont la trame est encore bien visible. L'ensemble présente des qualités et du potentiel pour en faire un lieu attrayant pour l'habitat urbain et le commerce.