Lorsqu'on approche de Saint-Triphon, on découvre sur une crête rocheuse les vestiges d'un ouvrage fortifié féodal très étendu. Des fouilles systématiques n'ayant pas été entreprises jusqu'ici, il n'est pas possible de préciser les relations architectoniques et les diverses phases de la construction de ce monument. Délimitée de tous les côtés par des parois de rochers abruptes, la colline de St-Triphon mesure quelque 500 mètres dans son axe longitudinal et 120 mètres là où elle est la plus large. Les éléments de mur encore conservés laissent supposer que la colline était fortifiée dans son ensemble. Partant du village de St-Triphon, le chemin qui mène à sa tour passe, à mi-hauteur, près d'une dépression de terrain où l'on peut encore voir les restes de l'ancienne porte d'accès au plateau de St-Triphon. Le chemin se dirige vers le nord-est de la colline, où se dressent les ruines d'une tour et d'une chapelle romane. La moitié sud-ouest de la colline comprend les restes d'un signal bernois destiné à communiquer visuellement avec les autres signaux de la région, dont ceux de la Tour de Duin et de Plantour (en dessus de Verschiez)
La tour médiévale, reste d'un ancien château, était entourée d'un mur polygonal lui servant d'enceinte. Ses parements consistent en un appareil d'une remarquable régularité. La lignée de consoles de pierre qui couronne le sommet de cette tour marque l'endroit où devait se trouver une galerie de bois. Le donjon ne comprenait pour toute ouverture que la porte y donnant accès située au 1er étage, de minuscules fenêtres romanes et le canal d'écoulement oblique des latrines. La colline de St-Triphon a été occupée depuis l'âge du bronze. De beaux objets retrouvés sur ce site attestent une occupation romaine également. Les premiers textes qui mentionnent la tour remontent au XIIIe siècle. En 1232, Thomas de Savoie donna le château en fief à Guy de Saillon qui, en échange, céda au comte les droits qu'il possédait sur Saillon. Par la suite, les seigneurs de Saillon, puis ceux de Pontverre, qui leur étaient apparentés, résidèrent à St-Triphon en qualité de vassaux savoyards. Au XIVe siècle, le fief changea plusieurs fois de mains, jusqu'à ce qu'il revienne en 1341 à la famille Thomme, une famille de banquiers lombards au service de la maison savoyarde, puis passa à la famille Rovéréaz qui réussit à regrouper ses principaux biens et droits vers 1530. S'ils conservèrent leur propriété foncière jusqu'en 1798, leurs droits de souveraineté, eux, furent repris, après les Guerres de Bourgogne, par les Bernois. Ils furent attribués au Mandement d'Ollon. Quant au Château de St-Triphon, il fut, comme tant d'autres, victime des guerres de Bourgogne.

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