Chardonne

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Le château de Chardonne est en réalité une superbe maison patricienne, comme il y en a plusieurs au village. L'église trapue, édifiée en 1423, reçut sa première cloche en 1526; ses peintures murales du XVe, récemment découvertes, viennent d'être classées à leur tour monument historique.

On trouve encore une chapelle à Paully (1927), deux à Baumaroche (station supérieure du funiculaire), deux couvents, l'un de Carmélites à Cremières, l'autre de Clarisses du côté de Jongny et le Centre tibétain Rabten Choeling, que visita le Dalaï-lama en 1988, à Baumaroche.

Sous le nom de Cardona, puis Chardona, l'existence du village est attestée dès l'an mille. Les "de Blonay", les Abbayes de Saint-Maurice et de Haut-Crêt, les seigneurs de Gruyère, l'évêque de Lausanne furent tour à tour les maîtres à qui les Chardonnerets devaient l'impôt. Sous sa forme actuelle, la commune se constitua aux environs de 1820.

Au nombre des hôtes de Chardonne, on peut citer plusieurs familles de l'aristocratie bernoise: les Stürler, de Watteville, de Muralt et Jenner. Henri Assinare (1826 - 1899, bourgeois de Chardonne), architecte, fut le collaborateur de Viollet-le-Duc lors de la restauration de la cathédrale de Lausanne, puis son successeur. Adrien Pichard (1790 - 1841) a, par ses réalisations d'architecte-ingénieur, marqué le visage de Lausanne, tandis qu'Albert de Montet (1845 - 1920), historien, fut un infatigable fouilleur d'archives. Roger Masson 1894 - 1967), colonel brigadier, dirigea les services de renseignements pendant le conflit 39 - 45. Rodolphe-Théophile Bosshard (1889 - 1960), peintre qui fréquenta Chagall, Picasso, Lurçat et Cendrars, reçut la bourgeoisie en 1957. Enfin, Carl Zuckmayer (1896 - 1977), écrivain allemand titulaire en 1952 du prix Goethe, fit de Chardonne sa patrie de coeur. L'homme de lettres français Jacques Boutelleau (1884 - 1968) rendit au village qui l'avait accueilli l'hommage le plus éclatant en signant son oeuvre délicate et intimiste Jacques Chardonne. (Editeur, il voulait éviter toute confusion entre l'écrivain et l'homme d'affaires). Son amour pour le village datait de 1907, où il était venu se soigner au Mont-Pélerin et de 1915, où, interné et malade, il était resté à l'abri de la guerre. Son oeuvre lui valut en 1932 le Grand prix de l'Académie.

 

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